Autriche et Pologne
Au début de l'année 2020, juste avant le début de la pandémie de Covid-19, nous avons acheté un fourgon plus grand et profité de la pandémie pour l'aménager en camping-car. Mais les travaux ont pris plus de temps que prévu. Au lieu de partir en été, nous n'avons donc pris la route que le 2 octobre, le jour même où notre fourgon a été officiellement homologué en tant que camping-car.
Et comme il vaut toujours mieux tester un nouveau camping-car dans un endroit sûr, pas trop loin de chez soi, nous sommes évidemment partis directement dans les Alpes.
Carnet de voyage
Jour 1
Soumarský most
En fin d'après-midi, nous avions rempli le fourgon à ras bord, récupéré Šárka et quitté Prague en direction des montagnes de Šumava. Nous sommes arrivés au camping de Soumarský most à la nuit tombée et avons rejoint les randonneurs qui y campaient. Nous avons chanté quelques chansons racontant combien il est difficile de rassembler des vaches dans la prairie, puis nous sommes allés nous coucher. Notre toute première nuit dans le Sprinter. Un véritable baptême du feu, et directement bien loin de chez nous.
Total : 176 km




Jour 2
Tourbière de Soumarské
Traunsee
Nous avions merveilleusement bien dormi. Le chauffage chauffait, tout fonctionnait comme prévu. Sauf l'évacuation de l'évier. Elle semblait tout simplement ne pas exister, si bien que toute l'eau restait à l'intérieur.
Nous sommes partis explorer les environs. Le camping se trouve juste à côté du Musée des fortifications légères, où l'on peut visiter un bunker militaire tchécoslovaque entièrement équipé, appelé Řopík. Un peu plus loin commence la tourbière de Soumarské, qui se remet lentement de l'exploitation industrielle de la tourbe et des dégradations subies à l'époque communiste. Le sentier qui traverse la tourbière se termine près d'une tour d'observation en bois, d'où l'on peut admirer toute la zone.
Après le déjeuner, nous avons pris la direction du lac Traunsee.
Total : 219 km




Jour 3
Traunsee
Attersee
Nous avons passé la nuit dans les collines au-dessus du Traunsee, dans une petite ferme qui faisait également office de jardin d'enfants. Le matin, tout un troupeau de petits humains a débarqué. Au lieu de passer la journée enfermés dans une salle, les enfants jouaient dehors, dans l'herbe, avec les animaux de la ferme.
Nous sommes descendus dans la vallée jusqu'au lac, qui est le plus grand d'Autriche en volume d'eau, mais aussi le plus profond. Sur ses rives se trouvent de vieilles maisons de pêcheurs en bois, des pontons panoramiques et des pelouses. En été, l'endroit doit être magnifique. Nous, nous avons eu droit aux nuages et à la pluie. Alors nous avons au moins pris quelques photos romantiques.
Nous avons décidé de tenter notre chance dans la vallée voisine, au bord de l'Attersee. Et ça a marché ! Ciel bleu, soleil et... un moteur de Mercedes qui, soudain, n'avait plus aucune puissance.
Total : 40 km




Jour 4
Attersee
Wolfgangsee
Le matin, nous avons pris la direction du garage Mercedes de Salzbourg. Heureusement, ils avaient la pièce nécessaire en stock et, deux heures plus tard, nous filions déjà vers le Wolfgangsee. Ce magnifique lac turquoise, pris d'assaut par les touristes en été, était maintenant presque désert. Nous avons donc pu passer la nuit directement au bord de l'eau, sur des emplacements qui coûtent jusqu'à 50 € la nuit en haute saison.
En fin de journée, les nuages et la pluie sont arrivés. Nous nous sommes donc laissé convaincre de rendre visite à notre voisin de camping, qui nous avait lancé des salutations et des sourires toute la journée. Ludwig, maçon à la retraite, s'est également présenté comme magicien amateur. Il faut reconnaître que son plus grand tour a été de faire disparaître nos nouveaux verres à shot en acier inoxydable, qui n'ont jamais poursuivi le voyage avec nous. Espérons qu'il en prend bien soin.
Total : 95 km




Jour 5
Wolfgangsee
Schafberg
Le lendemain matin, nous avons pris le train à crémaillère jusqu'au sommet du Schafberg, qui offre non seulement de superbes vues sur les lacs Wolfgangsee, Attersee et Mondsee, mais aussi plusieurs points de vue capables de donner le vertige à n'importe qui. Nous avons mangé un morceau au restaurant, demandé notre chemin au guichet du train et entrepris de redescendre à pied dans la vallée. Au début, le sentier était agréable et nous perdions rapidement de l'altitude. Un panneau indiquant que la suite du parcours était réservée aux alpinistes expérimentés nous a légèrement inquiétés. Mais c'était faux. Car il n'y avait tout simplement plus de sentier. Seulement une paroi rocheuse qui se terminait un kilomètre plus bas, au bord du lac. Nous avons encore essayé de continuer sur quelques dizaines de mètres, avant de décider qu'il serait plus sage de faire demi-tour.
Nous nous sommes traînés jusqu'au sommet, épuisés et trempés de sueur. C'est probablement pour cette raison qu'un groupe de retraités allemands nous a encouragés sur les derniers mètres. Nous n'avons pas eu le courage d'avouer que quelques dizaines de mètres de dénivelé avaient suffi à nous achever, et non pas toute la montée depuis la vallée. Nous avons donc acheté des billets pour la descente et sommes redescendus avec le groupe.
Pour la nuit, nous avons rejoint notre camping préféré près de Berchtesgaden.
Total : 70 km




Jour 6
Berchtesgaden
Obersalzberg
Grundlsee
On ne se lasse jamais de ces paysages. En plus, nous n'avions pas payé un seul euro pour notre nuit au camping près de Berchtesgaden. C'était la dernière nuit de la saison et la propriétaire n'avait donc rien voulu nous faire payer. Après le petit-déjeuner, nous sommes partis pour Obersalzberg. Cette fois, impossible de monter jusqu'au Nid d'Aigle, fermé à cause du Covid. Le musée était toutefois ouvert, et une nouvelle partie des tunnels souterrains était également accessible. Nous avons aussi suivi l'itinéraire de promenade préféré d'Adolf, jusqu'au point de vue où se trouvait autrefois le célèbre salon de thé Teehaus.
Nous avions prévu de passer la nuit au bord du Grundlsee, un lac discret situé un peu après Hallstatt. Moins un lac est connu, plus il est tranquille, et moins on y croise de touristes.
Total : 102 km




Jour 7
Hallstatt
Notre matinée ensoleillée et notre agréable pause-café ont été interrompues par un simple coup d'œil aux prévisions météo. De fortes pluies étaient annoncées pour l'après-midi, suivies de neige au petit matin. L'automne touchait à sa fin dans les Alpes. Et nous avions encore des pneus été...
Šárka voulait découvrir Hallstatt, une petite ville où il est pratiquement impossible de se garer, comme nous le savions déjà grâce à nos précédentes visites. Nous l'avons donc traversée trois fois dans un sens et dans l'autre, pour finalement payer à nouveau 20 € de stationnement dans l'unique camping local, tenu par un véritable escroc. Nous avons pris le téléphérique jusqu'au point de vue, nous nous sommes fait copieusement fouetter par la pluie et avons rapidement repris la route.
Total : 97 km




Jour 8
Mauthausen
Černá v Pošumaví
Prague
Le huitième jour a été consacré à notre fuite devant la neige, qui avançait avec une journée de retard sur nous. En redescendant vers les plaines tchèques, nous nous sommes arrêtés à l'ancien camp de concentration de Mauthausen. Ce musée remarquablement entretenu rappelle douloureusement une époque où les hommes avaient perdu toute humanité.
En fin de journée, nous avons franchi la frontière et pris la direction de Černá v Pošumaví, au bord du lac Lipno. Après une journée fatigante, nous nous sommes garés dans un camping à la nuit tombée, avons préparé le dîner et commencé à nous installer pour la nuit. C'est alors qu'une odeur de plastique brûlé s'est répandue dans le fourgon. Après de longues recherches, nous avons découvert une pièce légèrement fondue dans le circuit de distribution de l'air chaud. Et maintenant ? Dehors, il faisait presque zéro degré et impossible d'utiliser le chauffage. Il ne restait donc plus qu'à tout remballer et rentrer directement à Prague. 500 couronnes tchèques pour une heure de camping... finalement, Hallstatt était une bonne affaire.
Total : 406 km




Jour 9
Szczecin
De retour à la maison, nous avons déposé Šárka, changé de vêtements et pris la direction de la Pologne. D'après les prévisions météo, c'était le seul endroit des environs où ni neige ni gel n'étaient annoncés. Le trajet jusqu'à Szczecin était long, mais les nouvelles autoroutes polonaises nous ont permis d'avancer assez rapidement. En chemin, près de Świebodzin, nous avons aperçu une statue illuminée de Jésus-Christ. Avec ses 55 mètres de hauteur, c'est la plus haute statue du Christ au monde.
Nous sommes arrivés à Szczecin juste avant minuit et nous nous sommes installés dans un petit camping doté d'une marina. À part nous, il y avait un équipage allemand et quelques caravanes déjà mises en hivernage. Toute la nuit, les bruits de clapotis nous ont donné l'impression que le lac Dąbie se trouvait juste derrière notre fourgon. Ce n'est qu'au matin, à la lumière du jour, que nous avons découvert qu'une grande digue nous séparait du lac. Les prétendus clapotis étaient en réalité provoqués par une violente tempête qui projetait l'eau contre les pontons. Les bateaux tenaient à peine à flot, et les vagues arrachaient tout ce qui n'était pas solidement attaché.
Total : 562 km




Jour 10
Parc national de Słowiński
Łeba
Le trajet le long de la Baltique n'a pas été des plus agréables. La tempête de la veille ne faiblissait pas et notre fourgon faisait parfaitement office de voile lorsqu'il recevait le vent de côté. Sur l'autoroute, nous n'osions pas dépasser les 80 km/h. Ce qui n'était manifestement pas le cas des chauffeurs polonais de camionnettes de livraison. Ils continuaient à rouler à la vitesse maximale autorisée, même lorsque leurs véhicules étaient ballottés d'un côté à l'autre de l'autoroute.
Nous nous sommes arrêtés dans le parc national de Słowiński. Ici aussi, la tempête faisait rage. Les jolis sentiers étaient recouverts d'aiguilles de pin et encombrés d'arbres tombés. Par endroits, nous devions deviner où passait le chemin et dans quelle direction continuer. Mais cela en valait la peine. Au bout du parcours nous attendaient des dunes de sable désertes et une vue magnifique sur la mer Baltique. De l'autre côté des dunes se trouve le lac Łebsko, parfaitement calme et silencieux, contrairement à la mer Baltique. Un contraste saisissant.
Nous sommes arrivés à un camping de Łeba après la tombée de la nuit. Ce grand camping, certainement bondé en haute saison, était entièrement plongé dans l'obscurité. Seule une petite fenêtre éclairée brillait près de l'entrée. Nous sommes entrés et avons découvert une vieille dame en costume traditionnel. Nous l'avons saluée en tchèque : « Dobrý večer », et ses yeux se sont immédiatement illuminés. « Czesi, witajcie przyjaciele ! » – « Les Tchèques, bienvenue, les amis ! » s'est-elle exclamée en venant vers nous les bras ouverts. Un magnifique moment que nous n'oublierons jamais.
Mais nous n'oublierons pas non plus ce camping désert et sombre, où seuls le vent et quelques chiens errants peu aimables se promenaient. Le décor idéal pour un film d'horreur de série B.
Total : 302 km




Jour 11
Péninsule de Hel
Hel
Gdańsk
Nous avons pris la direction de la péninsule de Hel, une bande de terre longue de 35 kilomètres qui sépare la mer Baltique de la baie de Puck. À son point le plus étroit, elle ne mesure que 150 mètres de large. Une route et une voie ferrée la traversent, le président polonais y possède sa résidence d'été, et tout au bout se trouve la ville de Hel. Voilà pour les attractions touristiques. En réalité, ce n'est qu'une longue route à travers la forêt, au bout de laquelle se trouve une ville franchement laide.
Nous ne nous sommes pas attardés et avons poursuivi notre route vers Gdańsk. Nous nous sommes garés dans une marina en plein centre-ville et attendions le lendemain matin avec impatience. Dès notre arrivée, le centre historique nous avait semblé magnifique.
Le lendemain matin, nous sommes donc partis à pied, impatients de découvrir la ville. Notre première surprise a été un pont levant réservé aux piétons, enjambant la rivière Motława. Juste avant ce pont commence un superbe quartier historique, rempli de maisons en briques rouges qui côtoient une architecture moderne.
Pour profiter d'une meilleure vue, nous sommes montés dans le clocher de la cathédrale. Le panorama valait vraiment l'effort. Et, en guise de petit bonus, nous avions choisi de redescendre à midi pile. Si, comme Petra, vous avez le vertige, imaginez descendre un escalier ajouré avec 70 mètres de vide sous les pieds, tandis que l'une des plus grosses cloches d'Europe se met à sonner à seulement deux mètres de vous. Inestimable. Entrée : 16 PLN.
Total : 208 km
Et voilà, la dernière heure de notre voyage avait sonné. Il ne nous restait plus que la longue et ennuyeuse autoroute du retour. Pourtant, ce trajet-là, nous ne l'oublierons jamais. Quelque part au beau milieu de la Pologne, Petra est tombée sur une annonce proposant des chiots... et c'est ainsi que nous sommes allés chercher notre Madla dans la région tchèque de Vysočina, avant de la ramener à la maison.




