Californie, Nevada et Arizona
Nous voulions découvrir l'Ouest américain, y rester le plus longtemps possible et voyager à bord d'un véhicule vraiment imposant. Nous avons donc réservé une maison sur roues de 9,5 mètres de long et pris la route. On allait bien se débrouiller...
Carnet de voyage
Jours 1 et 2
San Francisco
San Francisco, point de départ de notre voyage dans l'Ouest américain. Après notre arrivée, nous nous sommes accordé deux jours pour nous acclimater. Pour cela, nous avions choisi le célèbre Europa Hostel, en plein centre-ville. Malheureusement, personne ne nous avait prévenus que l'auberge était en travaux. Et sans fermer ses portes... Dans les couloirs, nous croisions des ouvriers, nous nous faufilions entre les gravats et essayions de deviner quelles toilettes et douches communes étaient encore utilisables. Aujourd'hui, l'auberge est définitivement fermée. Peut-être avions-nous simplement mal compris la traduction à l'époque et qu'il ne s'agissait pas d'une rénovation, mais d'une démolition.
Une fois remis de notre petite frayeur, nous sommes partis explorer la ville. Nous avons pris un tramway historique, goûté des fruits de mer à l'américaine (les faire frire et les noyer dans la mayonnaise), visité un sous-marin de la Seconde Guerre mondiale et profité de l'ambiance. De magnifiques rues bordées de maisons traditionnelles en bois alternaient sans prévenir avec d'étranges rues peuplées d'étranges silhouettes au regard vide, sous l'emprise du fentanyl, une drogue qui commençait alors tout juste à se répandre.




Jour 3
San Francisco
Parc national de Yosemite
Enfin, le jour du départ était arrivé. Nous avons bouclé nos valises, après en avoir secoué quelques morceaux de plâtre et de gravats, puis pris la direction de la périphérie pour récupérer notre camping-car. À l'agence de location, c'était l'effervescence. Les équipages qui rentraient cédaient aux nouveaux voyageurs leur matériel devenu inutile : barbecues, guides touristiques, nourriture, bois de chauffage, tabourets de camping et tout ce qu'ils ne voulaient ou ne pouvaient pas rapporter chez eux. Nous avions réservé notre véhicule avec l'équipement de base uniquement, alors cette générosité tombait à pic. Ensuite, place à la vérification des papiers.
Quand nous avons demandé si cela posait problème que nos permis européens ne nous autorisent à conduire que des véhicules de 3,5 tonnes maximum, alors que celui-ci en pesait 6,5, la dame au comptoir nous a répondu qu'elle ne comprenait absolument pas la question. Après tout, nous avions bien le permis de conduire, non ? Mais pour éviter que les choses soient trop simples, nous avons dû regarder une vidéo de formation de quinze minutes, pendant lesquelles on nous répétait inlassablement que le véhicule mesurait trois mètres de large et 9,5 mètres de long. Nous avons récupéré notre camping-car et pris la direction du Walmart le plus proche pour acheter tout le matériel que nous avions refusé de louer en supplément. Sur le parking, il y avait plusieurs autres petits malins comme nous.
Aucune idée s'ils ont eux aussi fini par payer deux fois plus cher que s'ils avaient directement pris l'équipement chez le loueur. Au moins, nous avons découvert à quoi ressemble un Walmart typique. Les garçons ont aussi acheté un ballon de football américain. Après les avoir regardés se le lancer quelque temps sur le parking, un habitant du coin, qui ne supportait visiblement plus ce spectacle, est venu leur expliquer comment on s'y prend.
Notre premier trajet jusqu'au camping du parc national de Yosemite s'est déroulé sans encombre. Nous nous sommes installés sur notre emplacement réservé à l'avance et avons commencé notre vie de campeurs. Une installation nous a particulièrement intrigués, car nous ne la connaissions pas encore en Europe à l'époque : la possibilité de raccorder directement le camping-car à une arrivée d'eau sous pression et au réseau d'évacuation des eaux usées. Génial !
Total : 167 miles




Jour 4
Parc national de Yosemite
Il avait fait plutôt froid pendant la nuit. Les couettes pour lesquelles nous n'avions pas voulu payer de supplément auraient certainement été bien utiles. Heureusement, les températures ont commencé à remonter avec le soleil et, au moment de partir, il faisait de nouveau aussi chaud qu'on peut l'espérer en Californie. Nous avons traversé toute la vallée de Yosemite, nous nous sommes rafraîchis près d'une cascade, avons admiré le célèbre El Capitan, slalomé entre des foules de touristes japonais et commencé à chercher un camping pour la nuit. Étonnamment, il n'y en avait pas beaucoup dans les environs. Et quand il y en avait un, il ressemblait plutôt à un parking à la sortie d'une petite ville sans grand charme. Un seul avait l'air vraiment correct.
Au bord d'une rivière, joliment aménagé. Nous avons donc appelé. Le propriétaire a décroché, mais il ne savait pas s'il lui restait une place. Il devait vérifier et nous a demandé de rappeler dans une demi-heure. Nous avons attendu, puis rappelé. Et nous avons eu de la chance ! Le tout dernier emplacement libre nous attendait.
Une heure plus tard, nous arrivions dans un camping complètement vide. Oui, ce propriétaire était vraiment un drôle de personnage.
Total : 88 miles




Jour 5
Parc national de Sequoia
Lake Isabella
Après le petit-déjeuner, nous avons pris la route du parc national de Sequoia, royaume des plus grands arbres de la planète. Nous avons traversé d'interminables vergers californiens remplis d'orangers et de pommiers, ainsi que des vignobles chargés de raisins. Nous nous sommes arrêtés auprès d'un groupe d'ouvriers agricoles pour leur acheter quelques grappes. Apparemment, cela ne se faisait pas ici. Ils nous ont donc offert dix kilos de raisin et nous avons repris la route. Selon le membre le plus âgé de notre équipage, c'étaient les meilleurs raisins qu'il ait jamais mangés. Sans doute parce qu'ils étaient gratuits.
La route menant au parc nous rappelait le conte de Jack et le Haricot magique. Un virage en épingle succédait à l'autre, comme si nous grimpions le long de la tige enchantée. Nous avons traversé le brouillard, puis d'immenses arbres ont commencé à apparaître : des séquoias géants. Comme si nous venions d'arriver au pays des géants.
Depuis le centre d'accueil, nous sommes partis nous promener dans le parc. Outre les dimensions incroyables de ces arbres, nous étions fascinés de voir que beaucoup étaient noircis, brûlés ou même encore en train de brûler. Car ces géants ont besoin du feu pour se reproduire. Seule la chaleur permet d'ouvrir leurs cônes hermétiquement fermés et d'en libérer les graines. Nous nous promenions donc dans une forêt de géants en feu, apercevant parfois un ours au loin et espérant ne pas marcher sur un serpent à sonnette.
Avant de poursuivre vers Lake Isabella, il fallait encore vider les réservoirs d'eaux usées de notre camping-car. Cette mission a été accueillie avec un enthousiasme non dissimulé par notre tout nouveau Disposal Manager, Pavel senior.
Total : 134 miles




Jour 6
Olancha
La veille au soir, nous avions observé les collines environnantes, où de plus en plus de feux apparaissaient peu à peu. Presque comme un avant-goût de l'endroit vers lequel notre voyage nous conduisait.
Le matin, nous avons testé la piscine du camping avant de reprendre la route à travers les plaines infinies du Far West. Vingt miles tout droit, puis légèrement à gauche, et encore trente miles tout droit. Le camping que nous avons finalement atteint était une petite oasis au milieu d'un paysage autrement désert. La Vallée de la Mort se trouvait juste devant nous, et les environs en avaient déjà tout l'air. Cette nuit-là, nous avons probablement vu plus d'étoiles que jamais dans notre vie. Pas une lumière, pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde.
Total : 84 miles




Jour 7
Vallée de la Mort
Las Vegas
Ça y est, nous entrons dans la Vallée de la Mort. La température grimpe en flèche, tout comme la consommation de bière de notre équipage. Premier arrêt : Mosaic Canyon. Nous passons devant un panneau d'avertissement : STOP ! DANGER, CHALEUR EXTRÊME ! Randonnée déconseillée après 10 heures du matin ! Il est midi pile.
Le canyon était vraiment magnifique, poli par l'eau, brûlant comme l'enfer et habité par des serpents à sonnette et des veuves noires. En prime, une crue soudaine pouvait survenir à tout moment et emporter tout ce qui vivait sur son passage. Un endroit charmant.
Nous poursuivons jusqu'au point le plus bas d'Amérique du Nord : Badwater Basin. Un endroit situé à 86 mètres sous le niveau de la mer. Un endroit où seuls quelques végétaux succulents et insectes parviennent à survivre. Un endroit où sortir de la voiture revient à enfourner son corps entier dans un four brûlant. Quand on quitte l'ombre du véhicule pour se retrouver au soleil, c'est comme si quelqu'un poussait le thermostat du four au maximum. Et quand le vent se lève, c'est comme si cette même personne activait la chaleur tournante. À l'ombre, il faisait plus de 55 °C.
Nous avons marché sur l'étendue de sel avant de poursuivre notre route à travers la vallée, en direction de la ville du péché. Il nous restait plus de deux heures de trajet. Pendant tout ce temps, nous n'avons croisé que trois voitures, et le réseau téléphonique n'est revenu qu'à la sortie de la vallée. Dans une brochure découverte sous le tableau de bord, il était écrit : « L'assurance ne couvre pas la Vallée de la Mort. » Bon à savoir.
Dès que nous avons quitté la vallée, la température a commencé à baisser. Le thermomètre d'une station-service n'affichait plus que 44 petits degrés. Nous avons refait les réserves de bière.
À Las Vegas, nous avons garé notre camping-car sur l'aire du Circus Circus Hotel et sommes partis explorer la ville. Vegas est un immense panneau publicitaire clignotant. Partout, des fêtards en sueur, des cow-boys dénudés et des danseuses dignes du carnaval de Rio. Après une semaine dans la nature, le choc culturel était considérable. Au restaurant, nous nous sommes offert de traditionnels steaks T-bone américains, des travers de porc et cinq pneumonies. La climatisation tournait à plein régime, et passer de 40 à 20 °C n'avait rien d'agréable.
Après cette journée épuisante, nous avions tous hâte de nous coucher. Malheureusement, notre emplacement était en asphalte, qui avait accumulé la chaleur toute la journée et réchauffait lentement le camping-car par le dessous. À l'intérieur, c'était insupportable. Heureusement, nous avions un branchement électrique et pouvions allumer la grosse climatisation de toit. Elle parvenait effectivement à rafraîchir le véhicule jusqu'à une température agréable. Dommage qu'elle fasse autant de bruit qu'un Boeing au décollage et secoue tellement le camping-car que les verres tombaient de la table. Climatisation éteinte. Une partie de l'équipage a dormi dehors, tandis que ceux qui étaient restés à l'intérieur ont fini par sombrer dans le sommeil, épuisés par la chaleur.
Total : 275 miles




Jour 8
Hoover Dam
Arizona
Ce jour-là, nous nous sommes réveillés très tôt, à cause de la chaleur. Nous avons rangé le camping-car et pris la direction du barrage Hoover. Après de nombreuses tentatives, cet ouvrage impressionnant avait enfin réussi à dompter le fleuve Colorado. Il permettait de stocker de l'eau et de produire de l'électricité dans cette région inhospitalière, rendant ainsi possible le développement de Las Vegas.
À notre arrivée, nous avons dû subir un contrôle de sécurité extrêmement minutieux, comprenant même une inspection de la salle de bains et des toilettes du camping-car. Mais cela en valait la peine. Un ouvrage monumental coincé dans le lit du puissant Colorado. Construit dans des conditions inhumaines, où la chaleur, l'eau, les chutes de pierres et les maladies ont coûté la vie à de nombreux ouvriers.
Comme le barrage se trouve exactement à la frontière entre le Nevada et l'Arizona, traverser le pont autoroutier nous a fait entrer non seulement dans le troisième État de notre voyage, mais aussi dans un autre fuseau horaire. Quelques kilomètres plus loin, nous nous sommes arrêtés au bord du Colorado pour nous baigner et rafraîchir nos corps surchauffés. Il n'y avait presque personne dans l'eau ; la plupart des gens préféraient rester à l'ombre. Bon, qu'est-ce qu'on attend ? Maillots de bain et à l'eau ! Dès le premier pas dans le fleuve, nous avons compris pourquoi. L'eau était à deux doigts de se transformer en glace.
Comme elle s'écoulait du fond du barrage, elle restait merveilleusement froide et la chaleur environnante n'avait aucune chance de la réchauffer. Notre après-midi ressemblait donc à ceci : dix minutes pour entrer dans l'eau centimètre par centimètre, plonger la tête et ressortir aussi vite que possible. Puis cinq minutes de repos jusqu'à ce que le corps recommence à surchauffer, et retour dans le fleuve.
Et puis un âne est arrivé.
Total : 110 miles




Jour 9
Grand Canyon
Et nous y voilà : le Grand Canyon. Pour faire une surprise aux parents, nous avions réservé un vol en hélicoptère. Une expérience vraiment inestimable. Au sens propre du terme. Mais cela en valait vraiment la peine. Le Grand Canyon est si immense que le cerveau humain peine à en saisir les dimensions depuis son bord. Il mesure tout de même jusqu'à 29 kilomètres de large par endroits et environ 450 kilomètres de long ! Grâce à cet engin à hélices peu rassurant, on découvre des endroits inaccessibles à pied ou tout simplement invisibles depuis le bord.
Après l'atterrissage, nous avons encore visité plusieurs points de vue sur le canyon avant de retourner au camping. Il n'y a pas grand-chose à ajouter. Il faut le voir de ses propres yeux.
Total : 160 miles




Jour 10
Parc national de Joshua Tree
Los Angeles
Un autre parc que nous voulions absolument découvrir était Joshua Tree. Un parc venu d'une autre planète, presque sans touristes, rempli d'étranges blocs de roche géants aux formes encore plus étranges et de plantes aussi coupantes que des lames de rasoir. Une petite égratignure apparemment anodine à la jambe, causée par un brin d'herbe, s'est transformée en quinze minutes en un gonflement dont tout un escadron d'abeilles aurait pu être fier. Comme dans tous les parcs nationaux américains, une route goudronnée traverse Joshua Tree et l'on peut s'arrêter pratiquement partout.
En fin de journée, nous approchions de Los Angeles, déjà visible au loin. Nous étions ravis à l'idée de traverser la ville avant la nuit. Eh bien, raté. Il nous restait encore 80 miles jusqu'à Long Beach, où nous avions réservé notre camping, et deux heures de route dans les embouteillages du soir.
Total : 336 miles




Jour 11
San Diego
Le matin, nous avons laissé Pavel junior dans l'agitation de la grande ville et poursuivi notre route vers le sud, en direction de San Diego. Un peu moins de deux heures sur une autoroute très fréquentée, en direction de Tijuana, au Mexique. Nous avons garé notre camping-car sur la péninsule qui sépare la baie de San Diego de l'océan Pacifique, puis sommes partis visiter la ville. Le centre de San Diego ne se distingue pas particulièrement de celui des autres villes américaines. Le quartier du port est bien plus intéressant.
C'est ici que mouille la flotte américaine du Pacifique. On peut visiter le porte-avions désarmé USS Midway, le sous-marin USS Dolphin ou encore le Star of India, le plus ancien voilier toujours en activité. Malheureusement, tout était fermé lors de notre visite. Bon, c'était joli de l'extérieur aussi...
Total : 106 miles




Jour 12
Frontière mexicaine
Notre contrat de location ne nous autorisait pas à franchir la frontière mexicaine. Nous avons donc décidé d'aller au moins y jeter un œil. Du côté américain se trouve un parc d'État qui ne présente pas grand intérêt sur le plan naturel. Mais avant d'atteindre le mur de Trump, il faut traverser à pied une étendue de terre inhospitalière. Au loin, les gardes-frontières vous observent, des hélicoptères tournent au-dessus de vos têtes, vous passez devant des barrières de barbelés, des caméras de surveillance et d'innombrables panneaux d'avertissement.
Quel contraste avec le monde de l'autre côté du mur, où, juste derrière, les gens se baignent dans l'océan, la musique résonne et la vie bat son plein. On en viendrait presque à se demander si ce n'est pas nous qui sommes du mauvais côté de la clôture.
Impossible d'aller plus au sud. Il était donc temps de faire demi-tour et de reprendre la route vers le nord.
Total : 106 miles




Jour 13
Los Angeles
Nous sommes retournés à notre camping de Long Beach, avons loué une voiture et pris la direction d'Hollywood. Nous avons vu les célèbres lettres sur la colline, parcouru le Walk of Fame et traîné autour des grands studios de cinéma. Mais ce qui nous a fait le plus plaisir par cette journée caniculaire, c'était une bonne Pilsner Urquell tchèque bien fraîche, dénichée dans une simple boutique sur Hollywood Boulevard.
À Venice Beach, les filles en bikini filent toujours sur leurs rollers, les garçons s'entraînent encore dans les salles de sport en plein air ou jouent au basket, et tout ressemble exactement aux films et aux séries que nous regardions bouche bée quand nous étions enfants.
Et oui, Peter Falk était le plus grand de tous les détectives qui arpentaient Los Angeles et ses environs ❤️




Jour 14
The Pacific Coast Highway
Ventura
Carpinteria
Le matin, nous avons rangé nos affaires et pris la Pacific Coast Highway en direction du nord. Une route offrant de magnifiques vues sur l'océan, bordée de vans de surfeurs qui passent leurs journées à attendre la vague parfaite.
À Ventura, nous voulions passer la nuit dans un camping rempli de caravanes Airstream classiques. Malheureusement, même en essayant de convaincre le personnel que notre Ford E-450 s'identifiait comme un Airstream, rien n'y a fait. Nous avons donc dû continuer jusqu'à Carpinteria.
Les campings étaient de plus en plus bondés et ressemblaient malheureusement de plus en plus à des lotissements surpeuplés. Nous avons finalement décroché le tout dernier emplacement disponible dans un camping au bord de la plage. Autour de nous, rien d'autre que du sable, la mer et des surfeurs qui attendaient toujours la vague parfaite.
Total : 107 miles




Jour 15
The Pacific Coast Highway
Santa Barbara
Pismo Beach
Le rituel habituel du matin : ranger le matériel laissé dehors, la table, les chaises, le barbecue... Le barbecue ! Quelqu'un avait détruit notre barbecue pendant la nuit ! On aurait dit qu'un camion lui avait roulé dessus. Pourtant, personne n'avait rien entendu. Et dire que nous lui avions prévu une grande carrière. Dès San Francisco, nous lui avions créé son propre compte Instagram, publié des photos de nos soirées barbecue et patiemment accumulé des abonnés. Et maintenant ? Son avenir était en miettes. Nous avons bien essayé de lui redonner à peu près sa forme d'origine à l'aide d'une grosse pierre, mais qui voudrait encore de lui...
En chemin, nous nous sommes arrêtés à Santa Barbara, une ville fondée par les Espagnols après l'expulsion des populations autochtones. Nous avons visité la mission et Stearns Wharf, une célèbre jetée en bois bordée de restaurants hors de prix et de petites boutiques remplies de souvenirs pour touristes. Mais aussi de pêcheurs : l'un d'eux venait justement de sortir un petit requin de l'eau.
Nous avons passé la nuit dans un camping près de Pismo Beach.
Total : 95 miles




Jour 16
The Pacific Coast Highway
Big Sur
Monterey
Santa Cruz
Le seizième jour nous réservait le plus beau tronçon de cette route. Chaque panorama était plus magnifique que le précédent. Tous les quelques kilomètres, nous nous arrêtions pour admirer le paysage. À l'un de ces points de vue, un jeune couple asiatique s'est approché de nous. La jeune femme rêvait de visiter l'intérieur de notre camping-car. Pourquoi pas ? Peut-être que la prochaine fois, ils loueraient un camping-car plutôt qu'une voiture. Ce que nous ignorions, c'est que, de tout notre véhicule, ce qui l'intéressait le plus, c'étaient nos toilettes. Nous sommes donc restés là, à nous regarder les uns les autres, à jeter des coups d'œil à son compagnon et à attendre. Lui avait l'air un peu gêné, tandis que nous l'étions franchement. Mais nous comprenions que ce n'était pas sa faute et qu'il se sentait lui-même assez mal à l'aise.
Enfin, elle est ressortie, nous a remerciés et a disparu dans leur voiture. À sa place, son compagnon est entré à son tour pour s'asseoir sur nos toilettes. Cela faisait donc deux semaines que nous parcourions l'Amérique à bord de toilettes publiques ambulantes.
Total : 201 miles




Jour 17
Santa Cruz
Nous avons passé toute la journée suivante à Santa Cruz. Nous avions prévu une excursion pour observer les baleines. Après environ trois heures à poursuivre les géants des mers, voici le bilan de nos observations : une loutre de mer flottant sur le dos à la surface de l'eau et dégustant un poisson pour son petit-déjeuner, et, au loin, une baleine qui a frappé deux fois la surface avec sa queue... probablement.
Pour que nous ne repartions pas complètement bredouilles, l'équipage nous a conduits dans une baie servant de nurserie aux requins. Ces petits bébés d'environ deux mètres y grandissent tranquillement avant de partir découvrir le vaste monde. Ce qui nous a un peu inquiétés, c'est qu'il s'agissait de la même baie que celle où nous campions. Entre les petits requins et notre camping-car, il y avait environ 30 mètres.
Finalement, nous avons renoncé à la baignade du soir au camping.




Jour 18
San Francisco
Nous avons parcouru la dernière étape jusqu'à San Francisco assez rapidement et sans encombre. La restitution du camping-car et la transmission de nos provisions restantes se sont également déroulées sans problème. Seul notre barbecue n'intéressait plus personne. Sa carrière sur Instagram s'est donc terminée dans une poubelle derrière l'agence de location.
Nous avons retrouvé notre hôtel bien-aimé, qui avait complètement changé en deux semaines. Non pas qu'il soit devenu plus beau ou fraîchement rénové, mais il était encore plus démoli et plus poussiéreux qu'avant.
Nous sommes repartis en ville pour visiter quelques autres lieux célèbres, mais ce que nous attendions avec le plus d'impatience, c'était le Café Praha. La fille d'émigrés tchèques avait apporté un petit morceau de République tchèque au cœur de San Francisco. Et alors, si elle servait la Pilsner à l'américaine, si les tranches de pain grillé accompagnant notre tartare avaient été brûlées cinq fois (!) et si le goulasch traditionnel et le goulasch de Szeged aux knedlíky étaient préparés par un Mexicain qui nous demandait si c'était vraiment censé avoir ce goût-là ? Mais oui, exactement ! Et c'était fantastique. Absolument tout.
Total : 75 miles




Jour 19
San Francisco
Alcatraz
Aujourd'hui, direction Alcatraz ! La prison mondialement célèbre où des invités comme Al Capone passaient leurs vacances. La traversée depuis le port n'a duré que quelques minutes et nous voilà déjà sur l'île. Contrairement à autrefois, on peut aujourd'hui s'y promener assez librement.
La partie basse de l'île abrite la forteresse militaire d'origine, datant de 1850. On monte progressivement vers la partie supérieure, où se trouve le célèbre bâtiment pénitentiaire de 1934. On y entre par le même chemin qu'empruntaient autrefois les nouveaux détenus. D'abord le bureau d'admission, puis les douches, la distribution des vêtements et de la literie, et enfin les blocs de cellules. Ensuite, on traverse le réfectoire et la bibliothèque avant de déboucher dans la cour de promenade. Sur le chemin du retour, on passe devant les cellules d'isolement, la salle des visites et les locaux des gardiens, avant de retrouver enfin la liberté en traversant le bureau du directeur.
Puis passage obligé par la boutique de souvenirs, retour au bateau et sur la terre ferme. Un petit arrêt au Café Praha et au lit.




Jour 20
San Francisco
Golden Gate Bridge
Dernier jour. Alors vite, un dernier tour au Golden Gate Bridge ! Nous ne sommes allés que jusqu'au milieu, car le pont mesure deux kilomètres de long, il n'y a rien de particulièrement intéressant de l'autre côté et surtout... deux fois deux, ça fait quatre. En plus, un seul côté du pont était ouvert aux piétons et aux cyclistes, ce qui le rendait particulièrement bondé.
Sur le chemin du retour, nous avons encore profité une dernière fois de la beauté de San Francisco, salué les gars de notre rue, puis direction l'aéroport.




